La vérité sans filtre

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La vérité sans filtre

Message par hyu le Dim 9 Mar - 11:24




Le tabagisme tue dix personnes par heure




La vérité sans filtre



Vous
prenez un soupçon de cadmium, vous lui rajoutez un peu de DDT, vous
saupoudrez d’arsenic tout en rajoutant du butane. L’ammoniac sera aussi
nécessaire, en plus du polonium, du chlorure de vinyle, du méthanol et
de l’acide cyanhydrique.



Vous mélangez le tout en y ajoutant des feuilles de tabac, des goudrons
et bien sûr de la nicotine. Vous roulez le tout dans un papier fin et
vous aurez votre… cigarette ! C’est aussi… complexe que ça une
cigarette. Car elle comprend quelque 4000 composés chimiques dont 50
sont cancérigènes ! Certains composés proviennent de l’environnement
(pesticides, produits radioactifs), d’autres sont ajoutés, comme
l’ammoniac, qui favorise la fixation de la nicotine et la dépendance.
« Certains plants de tabac sont génétiquement modifiés afin de rendre
la nicotine plus efficace ». Une cigarette, c’est aussi 6 minutes de
vie en moins, et entre cinq et dix morts par heure dans le monde. Il
faut savoir aussi que la nicotine est un poison violent et que si on
injectait l’équivalent de la dose contenue dans une cigarette par voie
intraveineuse, ce serait la mort instantanée. Lorsqu’on fume, on parle
le plus souvent de détente. Or, la nicotine est un stimulant. Où se
situe la duperie ? Explorons ce qui ce passe lorsqu’un (e) fumeur
(euse) écrase son mégot : quelques minutes après, débute une légère
angoisse, souvent localisée au niveau du nombril. Cette angoisse
signale le début d’un sevrage. Après un laps de temps, variant de 10 à
30 minutes en fonction de la consommation, il faudra reprendre le
produit. Cette angoisse va grandissant, devient désagréable et il faut
alors au plus vite saisir son paquet, mettre une cigarette aux lèvres,
l’allumer et tirer une bonne bouffée. Il s’ensuit un sentiment
d’apaisement répondant à la fin momentanée du sevrage. Si à cet
instant, on prend le pouls du fumeur, on constate une augmentation de
10% en moyenne du rythme cardiaque : il y a donc stimulation ! Cette
fausse détente ressentie est la réponse (prise d’une nouvelle
cigarette) au sevrage provoqué par l’arrêt de la cigarette précédente,
le produit déclenchant une stimulation et une excitation. Le
paragraphe, tiré d’un des nombreux rapports que l’Organisation mondiale
de la santé (OMS) reçoit périodiquement de la part de ses observateurs
à travers le monde, est plus que révélateur quant à la perniciosité du
caractère de « détente » faussement attribué à la cigarette. C’est une
drogue au sens scientifique du terme, car elle entraîne une dépendance
psychologique et physique, une accoutumance (il faut augmenter jusqu’à
une certaine dose la consommation pour continuer à en éprouver les
effets) et un syndrome de sevrage (le corps et la tête réagissent à la
privation du produit).


Poison mortel



Le monoxyde de carbone (CO) provient de la combustion incomplète de
composés comme les combustibles utilisés dans les véhicules. De plus,
on sait maintenant que « pour une personne qui fume 20 cigarettes par
jour, l’augmentation du taux sanguin en oxyde de carbone est 16 fois
supérieure à celle qu’il subit du fait de la pollution atmosphérique
d’une ville comme Londres ou Paris », lit-on encore dans un rapport de
l’OMS. Toutes ces « gâteries » entraînent à terme des atteintes
cardiovasculaires : rétrécissement des artères, accident vasculaire
cérébral (AVC), artérites, jambes du fumeur, sans oublier les cancers
du poumon, de la bouche, du pancréas, de la vessie, du col de l’utérus
et du sein, comme cela a été prouvé récemment et la liste n’est pas
exhaustive ! Le professeur Djamel Zoughaïlech, épidémiologiste au CHU
de Constantine, auteur de nombreux rapports sur le sujet qui nous
intéresse est catégorique : « Le tabagisme fait partie du triptyque
responsable des décès prématurés : tabac, alimentation déséquilibrée,
et absence d’activité physique. Le tabagisme est derrière 99% des
cancers des bronches et 70% des consultations sont liées au fait de
fumer. Et il faut savoir que la lutte contre le tabagisme n’est pas le
fait de scientifiques mais de la société civile ». Il faut savoir aussi
que le tabac a tué 5 millions de personnes dans le monde en l’an 2000,
pour atteindre en 2007 12 millions, selon une étude effectuée par
l’organisme American society. Les chiffres macabres ne s’arrêtent
malheureusement pas là, puisque des articles de l’OMS affirment qu’il
existe actuellement près de 1,3 milliard de fumeurs dans le monde, et
qu’à court terme, 650 millions d’entre-eux passeront de vie à trépas, à
cause des maladies liées au tabagisme. Aux Etats-Unis et dans la
plupart des pays européens, fumer est désormais interdit dans tous les
lieux publics, restaurants, cafés et discothèques compris. Ces
décisions viennent à point nommé pour « sauver » le fumeur passif qui
peut être atteint par les mêmes pathologies que le fumeur classique. En
Algérie, la cigarette n’est pas encore indésirable dans les lieux
publics, malgré des lois pondues il y a plus de sept ans, et bien qu’en
2005 le pays ait ratifié une loi-cadre de l’OMS, il y a un retard dans
l’application. Et en attendant de se conformer aux lois de
l’Organisation mondiale de la santé, 15 000 personnes meurent chaque
année des suites de maladies liées au tabac et rien ne laisse prévoir
une baisse de ce chiffre dans les prochaines années, car il suffit de
jeter un coup d’œil au chiffre d’affaires de la SNTA (337 millions de
dollars), pour se rendre compte que toute cette manne trouve preneur et
que donc le nombre de fumeurs est en perpétuelle augmentation. A la
production de la SNTA, il faut rajouter les cigarettes de contrebande
qui inondent le marché parallèle avec des marques comme les fausses
Gauloises ou Legend, sans oublier le tabac à chiquer avec ses
champignons et ses parasites en plus, et la chicha, tout deux aussi
dévastateurs que leur « ancêtre », la cigarette. Si pour les adultes
tout a été dit ou presque, il n’en est pas de même pour le tabagisme
chez les adolescents et les enfants de moins de 10 ans. Le professeur
Zoughailech nous dira à ce propos : « Fumer commence par être une
curiosité avant de devenir un besoin. On passe du phénomène d’imitation
chez l’enfant et l’adolescent pour arriver à l’exigence. La cigarette
est tolérée, voire acceptée au sein du cocon familial. Mais je vous
dirais que c’est là une grave erreur, car la nicotine est plus forte
quant il s’agit de dépendance que l’alcool et la cocaïne, car
l’industrie du tabac a mis au point des produits qui augmentent le
passage de la nicotine dans le sang et rendent les fumeurs, surtout les
plus jeunes, accros en quelques jours. »


Cigarette à dix ans



Une enquête récente sur la consommation du tabac chez les collégiens,
qui aboutira dans les tiroirs de l’OMS prochainement, nous renseigne
que sur un échantillon de 1600 élèves en 2006, 26 % ont commencé à
fumer avant l’âge de 10 ans. Et le taux sera certainement revu à la
hausse avec l’âge. Chez les lycéens, la situation est carrément
alarmante, car l’étude a prouvé que parmi quelque 3000 lycéens sondés,
41,5 % des garçons sont fumeurs contre 8,86 % de filles. Quant à la
quantité de tabac consommée, là aussi l’alarme est tirée, puisque un
lycéen sur deux « brûle » entre 8 et 20 cigarettes quotidiennement.
Notre interlocuteur nous donnera encore quelques explications. « Chez
nous, on interdit sans expliquer. On ne pourra pas anéantir le
phénomène du tabagisme, mais on peut le réduire par une information
régulière sur les dangers du tabac et une augmentation des taxes à
répercuter sur les prix. » Tout ce gâchis est plus renforcé encore par
les coûts de santé dus aux maladies liées au tabagisme qui se chiffrent
en millions de dinars. Le docteur Damèche, directeur de la santé de la
wilaya de Constantine, « inculpera » la cigarette quant à la plupart
des dépenses de santé. « Que ce soit au service des cancéreux, en
cardiologie, en hématologie ou encore en pneumologie, la prépondérance
des maladies liées au tabagisme ne fait aucun doute. Même en pédiatrie,
certains enfants sont hospitalisés à cause d’un passé de fumeuse de la
mère lors de sa grossesse, ou tout simplement parce que le père fume à
la maison sans évaluer les conséquences du tabagisme passif ». Il
suffit de lire les lignes d’une interview du P-DG de la plus grande
firme de production de cigarettes pour se rendre compte que le cynisme
des responsables des majors du tabac n’a d’égal que les immenses
profits qu’ils engrangent à travers le monde entier et qu’ils ne
comptent pas réduire. « Il y a des gens qui mangent de la compote de
pomme et qui meurent. Il y en a d’autres qui prennent du sucre et qui
meurent. Enfin, il y a ceux qui fument et qui meurent. Pourquoi
voulez-vous accuser la cigarette de la mort des fumeurs, alors que
personne ne pointe du doigt la compote de pomme et le sucre ? » Le
professeur Zoughaïlech, plus sincère, voudra terminer ce funeste tour
d’horizon par une note d’espoir : « Si on arrête le tabac, on stoppe la
majorité des cancers. C’est aussi simple que cela. L’arrêt du tabac
réduit la mortalité et la morbidité de l’ensemble des maladies liées au
tabac, notamment les maladies cardio-vasculaires. Plus l’âge d’arrêt de
la consommation du tabac est jeune, plus la réduction des risques liés
au tabac est importante. 24 à 48 heures d’abstinence sont nécessaires
pour que la teneur en carboxyhémoglobine du sang retrouve la valeur
habituellement observée. Toutefois, je le dis et je le répète tout le
temps, il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! »

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